EDITORIAL: LE DROIT ET LE TEMPS

  • Professeur Ordinaire
  • Doyen de la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa

Pour chaque société organisée, le droit représente une somme de valeurs et de règles de conduite traduisant, par ailleurs, l’attachement à un mode de vie. Vu sous cet angle, le droit n’est pas loin de ce que l’on vit, l’on est, l’on pense ou auquel on aspire.

Dans sa temporalité, le droit fait, par moment, appel au timbre pour lui donner toute sa substance. Le tampon confère à la règle de droit force et légitimité. De la norme ainsi établie, découlent l’ordre et la contrainte. La puissance du droit réside, donc, dans la sanction. On admet qu’il n’y a point de droit dans l’omission, ni la négation. Le contraire ferait penser au droit inefficace, désuet ou, à tout le moins, inexistant.

La tonalité du droit réside dans le vocabulaire utilisé. Lorsqu’une loi est rédigée en termes impératifs-indicatif présent, par exemple, elle ne donne aucune possibilité de résignation. L’obligation qu’impose la règle de droit participe de son effectivité. De même, lorsqu’une disposition légale est claire et précise, on s’interdit de l’interpréter.

Rattaché au droit, le temps évoque l’idée de périodicité ou de durée. Il décrit le milieu de survenance d’un événement ou d’un phénomène social. Dans la conscience individuelle ou collective, le temps fixe le moment de l’acte, l’opportunité ou son point de départ.

Au temps de droit, est parfois lié le droit du temps qui détermine la règle de conduite. L’évocation suffit pour reconnaitre au droit, voulu ou souhaité, toute cohérence avec celui existant ou vécu. Elle permet de retracer la chronologie des événements pour les situer à la fonte du droit. Le temps apparait ainsi comme une nécessité ou le moment favorable pour agir. D’une rareté éprouvée, certaines adéquations de la vie sociale doivent être saisies et judicieusement exploitées. Le temps est alors synonyme d’opportunité.

Dans la construction d’une société, le temps et le droit sont indispensables. Le lien entre la temporalité juridique et l’institution sociale ne relève pas que de l’imaginaire, mais également de la tangibilité. Si le temps est utile d’ériger l’édifice social, c’est au droit qu’il revient de lui fixer le cadre d’expression

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